vale do javari

  • Amazonie brésilienne : l’assassinat de deux défenseurs des peuples indigènes.

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Amazonas, Dom Phillips, Bruno Araújo Pereira, The Guardian, Atalaia do Norte, Union des organisations Indigènes de la Vallée du Javari, União dos povos indigenas Vale do Javari, UNIVAJA, Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne, Coordenação das Organizações Indígenas da Amazônia Brasileira, COIAB, Articulation des Peuples Indigènes du Brésil, APIB, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, Observatoire des Droits Humains des Peuples Indigènes Isolés et de Récent Contact, Observatório dos Direitos Humanos dos Povos Indígenas Isolados e de Recente Contato, OPI, Police Fédérale, Polícia Federal, Président de la République, Presidente da República, Jair Bolsonaro, Fundação Nacional do Índio, FUNAI, Instituto de Estudos Socioeconômicos, INESC, Indigenistas Associados, Vale do Javari, Fernando Henrique Cardoso, Terre des Hommes Suisse/Genève, Silvio Cavuscens, Service et Coopération avec le peuple Yanomami, Serviço et Cooperação com o Povo Yanomami, SECOYADom Phillips, un britannique collaborateur de plusieurs journaux anglophones notamment The Guardian et Bruno Araújo Pereira, un indigéniste brésilien, ont été vus vivants pour la dernière fois le matin du dimanche 5 juin à proximité de la cité d’Atalaia do Norte, dans le nord-ouest de l’État d’Amazonas. C’est l’Union des organisations Indigènes de la Vallée du Javari – UNIVAJA qui a signalé leur disparition, donné l’alerte, commencé leur recherche et demandé - par voie de justice - l’intervention rapide des services officiels. Une démarche soutenue par la Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB et l’Observatoire des Droits Humains des Peuples Indigènes Isolés et de Récent Contact - OPI

    Ce 18 juin, la Police Fédérale a annoncé que les restes humains retrouvés sur le terrain et analysés à Brasilia appartiennent bien à Dom Phillips et à Bruno Pereira. Les deux hommes sont décédés après avoir essuyé des tirs de fusils de chasse. Ce sont les aveux de deux frères auteurs du double homicide qui ont indiqué aux enquêteurs le lieu où les corps avaient été dissimulés. L’enquête se poursuit…

    La notoriété et l’engagement des deux victimes est certainement à l’origine de la vague d’indignation observée au Brésil et à l’étranger par ce double assassinat. Ce grave incident a aussi suscité la polémique au Brésil. Le Président de la République a reproché aux deux hommes d’avoir entrepris une aventure non recommandable. Á diverses reprises, la Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI a défendu son action face aux reproches concernant l’insuffisance sa présence dans la région. Récemment, Dom et Bruno ont signé conjointement un dossier « Fondation Anti-indigène - Un portrait de la Funai sous le gouvernement Bolsnaro » publié par l’Institut d’Études Socio-économiques – INESC et l’association Indigénistes Associés – INA (Association des fonctionnaires de la Funai). Le document – qui constitue un testament - se veut aussi un appel aux candidats aux élections d’octobre prochain.

    La Vallée du Javari est une immense région isolée où sévissent pêcheurs et chasseurs illégaux. Et, plus récemment, elle est devenue un lieu de passage des trafiquants de cocaïne en provenance du Pérou ou de Colombie. Les actes de violence y sont courants*.

    La municipalité d’Atalaia do Norte est occupée à plus de 75% par la Terre Indigène (TI) de la Vallée du Javari d’une superficie 85'444 km2. Elle est habitée par 26 peuples dont 19 en situation d’isolement volontaire. C’est le président Fernando Henrique Cardoso qui en a signé le Décret de démarcation le 30 avril 2001. Cette protection a été obtenue après une vingtaine d’années de pressions, déjà ponctuées de moments de fortes tensions. Dans les années 80, Terre des Hommes Suisse/Genève a soutenu la campagne de démarcation de cette TI dans laquelle était engagé Silvio Cavuscens, l’actuel coordinateur de l’association « Service et Coopération avec le peuple Yanomami – SECOYA, le partenaire de AYA.

    ***

    *Voir sur ce blog, la note du 17 septembre 2019

    Illustration : la carte date de 2012. Elle permet de situer la TI Vallée du Javari. Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 141, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève –CCP 15-728614-8 / IBAN : CH 26 0900 0000 1572 8614 8

     

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  • Amazonie : un indigéniste a été assassiné

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Maxciel Pereira dos Santos, Terra Indígena, Vallée du Javari, Vale do Javari, Marubo, Matis, Kanamary, UNIVAJA, APIB, OPAN, FUNAI, INA, Tabatinga, AmazonasLe 6 septembre, en début de soirée, un collaborateur occasionnel de la Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI, Maxciel Pereira dos Santos, plus connu sous le diminutif de « Maxi», a été assassiné à Tabatinga, une localité de l’État d’Amazonas, située à la frontière du Brésil, de la Colombie et du Pérou. Une enquête a été ouverte par la police, qui, pour l’heure, n’est pas en mesure d’affirmer que cet acte est en rapport avec son activité de protection des peuples indigènes de la Vallée du Javari. Cette Terre Indigène (TI) de 85'440 km2 a été démarquée en 2001 après une intense campagne. Elle abrite plusieurs peuples autochtones (Marubo, Matis, Kanamary, etc… et des groupes qui vivent en état d’isolement volontaire. De longue date*, elle est l’objet de fréquentes incursions de chasseurs, de pêcheurs, d’orpailleurs illégaux qui n’hésitent pas à s’en prendre aux bases de la FUNAI insuffisamment nombreuses ou équipées pour y faire face.

    Le 8 septembre, la Coordination de l’Union des Peuples Indigènes de la Vallée du Javari -UNIVAJA a publié une note (relayée par l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB) dans laquelle elle rend hommage à la victime. Elle relève son engagement pour contenir les invasions constantes de cette Terre Indigène.

    Pour l’association « Indigénistes associés - INA »  qui regroupe des fonctionnaires de la FUNAI « Il y a des indices que ce crime barbare ait été commis en représailles à son combat contre les pratiques illicites à l’intérieur de la Terre Indigène… Cet épisode tragique s’ajoute à beaucoup d’autres. Dans des contextes différents, mais de l’Amazonie à la région sud du pays, indigènes, collaborateurs et fonctionnaires agissent dans des conditions précaires et insuffisantes pour la protection des Terres Indigènes… l’INA sollicite des mesures minimales de travail et de sécurité inexistantes pour le moment… »

    L’organisation Opération Amazonie Native –OPAN a exprimé sa solidarité avec les fonctionnaires et les familiers de Maxciel !

    La FUNAI demande à la police fédérale qu’elle procède aux enquêtes nécessaires… « La mort de Maxciel représente une grande perte pour la Fondation nous laissant tous émus. »

                                                                                    ***

    * Concernant la TI Vale do Javari, voir AYA Info No 24 du 5 février 2008 et sur ce blog les notes des 18 février 2011 et 23 mars 2012 

    PS 1 : La carte date de 2012. Elle permet surtout de situer Tabatinga et la TI dans l’ouest du Brésil. Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille.

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 129, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Le cacique Babau empêché de rencontrer le pape François

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    Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, índios, papa. Pape, François, Francisco, Erwin Kräutler, Paulo Suess, encyclique, direitos indígenas, droits indigènes, Conselho Indigenista Missionário, CIMI, Xingu, demarcação, terras indígenas, Mato Grosso do Sul, Vale do Javari, Belo Monte, CNBB, Rosivaldo Ferreira da Silva, Cacique Babau, Tupinambá, ONU, José de Anchieta, jésuite, jesuítas, Porto Seguro, Nati, Pedro Álvares Cabral, Bahia, Nati, Mondial, Brasil 2014Le 4 avril au Vatican, Dom Erwin Kräutler, président du Conseil Indigéniste Missionnaire – CIMI et évêque du Xingu, accompagné par Paulo Suess, conseiller théologique de l'entité, ont été reçus par le pape François. Objet de l'audience : les violations des droits des indigènes. Les représentants du CIMI ont remis une note au pape dans laquelle ils dénoncent "les groupes politiques et économiques liés avec l'agro-industrie, les compagnies minières et de travaux publics qui, avec l'appui et la participation du gouvernement brésilien, tentent de révoquer les droits des peuples indigènes." Sont également évoqués : la paralysie de la démarcation des Terres indigènes; l'augmentation de la violence contre les personnes; le confinement, sur des aires restreintes, des peuples indigènes dans le Mato Grosso do Sul; la précarité de l'assistance sanitaire dans la Vallée du Javari et les dégâts causés par l'hépatite B; l'impact environnemental des entreprises des compagnies de développement comme dans le cas de la construction de l'usine hydroélectrique de Belo Monte; le risque d'extermination des peuples isolés. La note rappelle également la rencontre avec un jeune indigène lors des Journées Mondiales de la Jeunesse à Rio de Janeiro en juillet 2013* et l'espoir exprimé par celui-ci de voir le pape les aider à protéger leurs terres.

    Selon une information de source vaticane, le pape François a demandé à l'évêque de collaborer à la rédaction d'une encyclique sur l'écologie.

    Le 17 avril, le CIMI a annoncé l'interdiction faite au leader Tupinambá, Rosivaldo Ferreira da Silva, connu sous le nom de Cacique Babau**, de quitter le pays alors qu'il avait reçu son passeport pour se rendre à Rome. Il était invité par la Conférence des Evêques du Brésil – CNBB à assister à une cérémonie liée à la récente canonisation - le 3 avril dernier - du Père José de Anchieta, un jésuite qui a vécu au Brésil au 16e siècle. Il était prévu que le cacique rencontre le Pape François et lui remette un document sur la question indigène au Brésil. Le 24 avril, après une audience publique à la Chambre des députés, le Cacique s'est présenté à la police fédérale. Une campagne a été lancée pour demander sa libération. Le 29 avril, le juge Sebastião Alves dos Reis, du Tribunal Supérieur de Justice a décidé sa mise en liberté. Mais son rendez-vous avec le pape François n'a pas eu lieu…

    Le Cacique Babau est présenté comme l'un des défenseurs des droits humains dans une brochure "Dix visages de la lutte pour les droits humains au Brésil" éditée en décembre 2012 par l'ONU au Brésil, en partenariat avec diverses entités, parmi lesquelles le Secrétariat des Droits humains de la Présidence de la république. Un document consacré à la protection de ces défenseurs.

    Le territoire des Tupinambá est situé dans le sud de l'État de la Bahia. Depuis le début de l'année, la tension est forte entre indigènes, qui réclament la démarcation de leur terre, et les fazendeiros. Le gouverneur de l'État de Bahia a demandé la présence de l'armée pour assurer le maintien de l'ordre.

    Les ancêtres des Tupinambá peuplaient la bande côtière de la région de Porto Seguro quand le Portugais Pedro Álvares Cabral a accosté au Brésil le 22 avril 1500.

    L'équipe suisse de football a choisi la localité de Porto Seguro pour y établir son camp de base pendant le Mondial. La "Nati" est donc dans l'un des hauts lieux de l'histoire brésilienne. Une histoire pas encore vraiment pacifiée…

    ***

    * Voir sur ce blog la note du 27 août 2013 et ** la note du 8 avril 2014.

    Photos (Cliquer sur la vignette pour l'agrandir),

    En haut : ©Antono Cruz – Agência Brasil / Le Cacique Babau, le 24 avril 2014, lors de son audition devant la Commission des droits humains de la Chambre des députés.

    Ci-dessous : © CIMI - Le pape François, Dom Erwin Kräutler et Paulo Suess

     

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    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note est une version actualisée de la "brève" publiée dans AYA Info No 92, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2