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  • L’indigène brésilienne Sônia Guajajara, l’une des 100 personnes les plus influentes du monde

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    Moins attendue, dans la catégorie « Pionniers », figure Sônia Bone Guajajara, la coordinatrice de l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB connue pour son engagement au sein des organisations indigènes. L’une des premières fois où son nom est apparu dans la presse ce fût lors de la 16e COP qui s’est tenue à Cancún, au Mexique, en 2010. Elle y représentait la Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB. Elle avait tenté de remettre une « tronçonneuse d’or » à Katia Abreu, Sénatrice brésilienne et présidente de la Confédération Nationale de l’Agriculture – CNA favorable à une moindre protection des forêts brésiliennes (1). Sônia était à Genève en 2012 où elle a représenté la COIAB au 50ème anniversaire du Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI qui a soutenu cette Coordination pendant 17 ans, de 1989 à 2006. Á diverses reprises, elle est revenue au siège européen des Nations Unies pour participer à des rencontres du Conseil des droits de l’homme. En 2018, elle a été candidate à la Vice-présidence de la République du Brésil accompagnant Guilherme Boulos, candidat à la Présidence, et cela sous l’étiquette du Parti Socialisme et Liberté – PSOL. Lors du « Campement Terre Libre » qui s’est tenu à Brasilia en avril dernier (2), en vue des élections législatives et exécutives qui auront lieu en octobre prochain, plusieurs femmes ont annoncé leur intention de se porter candidates pour des sièges à la Chambre des Députés ou dans les Assemblées législatives des États. Sônia y a fait part de sa pré-candidature pour représenter l’État de São Paulo à la Chambre des Députés.

    Interviewée par G1 Maranhão au sujet de sa nomination par le Time, Sônia affirme qu’elle se sent heureuse au nom de la communauté qu’elle représente et pour la cause qu’elle défend. « Une valorisation bien significative pour notre lutte des peuples indigènes et ceci est le résultat de plusieurs actions collectives que nous avons organisées au long des années pour la défense de nos droits, des territoires. Je me sens très heureuse, non pour le mérite, mais pour être le porte-parole de cette collectivité…. Nous sommes dans un moment dangereux de notre histoire. Nous avons besoin d’être ensemble avec d’autres segments de la société pour le renforcement de la démocratie et la souveraineté nationale. Ceci va seulement arriver quand nos droits et mode de vie seront respectés par l’État brésilien… »

    S’agissant des leaders des populations indigènes, ce sont souvent les hommes qui sont cités (3). Le fait qu’une dirigeante soit distinguée est significatif d’une évolution positive : les femmes sont maintenant nombreuses à s’engager dans le mouvement indigène et à en être des porte-parole. Et Sônia n’est pas seule ! En 2018, pour la première fois dans l’histoire du Brésil, une indigène, Joênia Wapichana a été élue députée fédérale (elle a l’intention de se présenter à nouveau en octobre). Et la jeune génération répond déjà présente : lors de la cérémonie d’ouverture de la COP26, à Glasgow en novembre 2021, un bref temps de parole a été donné à Txai Suruí - jeune indigène brésilienne de 24 ans (4) - pour exprimer le point de vue des peuples indigènes sur le changement climatique…

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    (1) Voir sur ce blog, la note du 23 décembre 2010

    (2)Voir sur ce blog, la note du 16 avril 2022

    (3) Parmi les plus connus, Raoni ou Davi Kopenawa

    (4) Voir sur ce blog, la note du 17 novembre 2021

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    Photo © Bernard Comoli – Sônia en 2016 devant l’entrée du Musée d’Ethnographie de Genève quand elle a visité l’exposition «Amazonie. Le chamane et la pensée de la forêt » > Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 141, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève –CCP 15-728614-8 / IBAN : CH 26 0900 0000 1572 8614 8