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  • Brésil, 1er tour des élections : deux femmes Indigènes à la Chambre des Députés

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Amazônia, eleições, élections, 2022, Lula, Bolsonaro, Genève, Zurich, Câmara dos Deputados, Partido dos Trabalhadores, PT, Partido Liberal, PL, Assembleia Legislativa, São Paulo, Bancada do Cocar, APIB, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, Articulation des Peuples Indigènes du Brésil, Sônia Guajajara, PSOL, São Paulo, Célia Xakriaba, Minas Gerais, Paulo Guedes, Joênia Wapichana, Roraima, Silvia Waiãpi, Amapá, Juliana CardosoLes élections brésiliennes du 2 octobre, en particulier le scrutin concernant la présidence du pays, ont abondamment été commentées dans les médias. Pour rappel, Lula a obtenu 57'258'115 voix (48,43 %), Bolsonaro 51’071'277 voix, (43,20 %). Un deuxième tour aura lieu le 30 octobre. Á relever qu’à Genève, la police a dû intervenir pour éviter un affrontement physique entre les supporters de Lula et ceux de Bolsonaro. Selon Swissinfo, dans la cité du bout du lac, Lula a obtenu 1'981 voix et Bolsonaro 1'930. Á Zurich, Lula a obtenu 47 % des voix et Bolsonaro 39,4 %.

    Moins connus sont les résultats concernant les indigènes. Pour porter la défense des droits des indigènes à la Chambre des Députés (qui compte 513 membres) ou dans les Assemblées Législatives des États de l’Union, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB a constitué une « Bancada Indígena », dite aussi « Bancada do Cocar *», un groupe de pression d’une trentaine de membres désignés par ses associations de base. Douze candidat-es, de douze États différents, visant un siège à la Chambre des Députés, et dix-huit candidat-es pour siéger dans les Assemblées Législatives de seize des vingt-sept États de l’Union. Au total, les membres de cette « Bancada do Cocar » ont recueilli 446'885 voix (352'473 pour les candidat-es à la Chambre des Députés et 94'412 pour les candidat-es aux Assemblées Législatives). La « Bancada » n’a pas obtenu de siège dans ces dernières. Il en va autrement pour la Chambre des Députés. En effet, Sônia Guajajara (avec 156'966 voix) a été élue pour y représenter l’État de São Paulo et Célia Xakriaba** (avec 101'154 voix) le Minas Gerais. Malheureusement, l‘avocate Joênia Wapichana, qui avait été élue en 2018 avec 8’491 voix pour représenter l’État de Roraima a subi un échec. Malgré un score nettement supérieur – elle a recueilli 11'221 voix (+ 32,15 %) - le système de péréquation a joué en sa défaveur. Elle reste la première femme indigène de l’histoire du Brésil à avoir été élue à la Chambre des Députés.

    Hors « Bancada do Cocar», trois autres indigènes ont été élu-es à la Chambre des Députés. Paulo Guedes du Parti des Travailleurs – PT, était déjà député durant la législature qui se termine où il représentait l’État du Minas Gerais. Il s’était alors déclaré de race « Parda » (Métisse). Mais, pour le scrutin du 2 octobre, toujours sous l’étiquette du PT, il s’est déclaré « Indigène ». Il a été réélu avec 134'494 voix (en 12e position) pour représenter l’État de São Paulo. Toujours pour cet État, Juliana Cardoso, aussi du PT, a recueilli 125'517 voix (en 45e position). Ainsi, cet État compte trois indigènes parmi ses 70 députés. Les électeurs de l’Amapá – un État du Nord-Est - ont également élu une indigène parmi leurs huit représentants à la Chambre : Il s’agit de Silvia Waiãpi du Parti Libéral – PL, une militaire et « bolsonariste » affirmée. Sera-t-elle la voix discordante au sein de la minorité indigène ? Avec 99 représentants, le PL est le parti le plus important de la Chambre.  Selon l’APIB, le Parti Libéral est l’un de ceux qui – au Congrès National - a le plus voté (à 90%) en faveur des projets anti-indigènes du gouvernement !

    ***

    *Voir sur ce blog, la note du 22 septembre 2022

    **Prononcer «Chakriaba »

    Illustration : les deux nouvelles élues à la Chambre des Députés coiffées d’un « cocar ». Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille.

    PS 1 : Les chiffres sont tirés du dépouillement réalisé par le quotidien « O Estado de São Paulo » / Estadão et le Tribunal Supérieur Électoral / TSE

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 142, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève –CCP 15-728614-8 / IBAN : CH 26 0900 0000 1572 8614 8

  • Amazonie : Complicité dans la destruction, deux banques suisses sont citées

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Amazônia brasileira, Articulation des Peuples Indigènes du Brésil, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, APIB, Amazon Watch, Cumplicidade, Destruição, complicité, destruction, Corporações, globales, globais, direitos, France, Japon, Angleterre, Espagne, Chine, Canada, Hollande, Norvège, Allemagne, Australie, Suisse, Zurich, Crédit Suisse, CS, Union de banques suisses, UBS, Vale, Saint-Prex, Genève, Minas Gerais, Fundão, Mariana, 5 novembre 2015, 5 de novembro de 2015, rio Ferro-Carvão, Brumadinho, Xikrin, rio Cateté, rio Itacaiúnas, MPF, Ministério Público FederalLe 27 octobre, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB en partenariat avec l’ONG Amazon Watch, a publié une nouvelle édition du rapport « Complicité dans la destruction III ». En sous-titre : « Comment des corporations mondiales contribuent aux violations des droits des peuples indigènes en Amazonie brésilienne ». Le document montre comment les grandes banques internationales apportent leur appui à d’importantes entreprises brésiliennes, exportatrices de matières premières des secteurs minier et agricole, mais aussi productrices d’énergie. Activités déployées au détriment des droits territoriaux des peuples indigènes.

    Le rapport souligne la part prépondérante prise par six grandes corporations financières nord-américaines ayant investi plus de 18 milliards de US$ (18'162,9) entre 2017 et 2020. Dans une moindre part, des banques et fonds d’investissement de France, du Japon, d’Angleterre, d’Espagne, de Chine, du Canada, de Hollande, de Norvège, d’Allemagne, d’Australie ont également été identifiés.

    Les deux grandes banques helvétiques, le Crédit Suisse – CS et l’Union de banques suisses – UBS figurent dans la liste des trente-cinq investisseurs les plus souvent cités. Elles sont en lien avec huit entreprises. La première pour un total de 934,6 Mios de US$ et la deuxième à hauteur de 535,7 Mios de US$.

    Les deux sont présentes dans la multinationale Vale dont le siège international est à Saint-Prex, à quelques kilomètres de Genève. Le CS et l’UBS y ont investi respectivement 139,1 et 189,1 Mios de US$. Le nom de Vale est lié à deux désastres écologiques survenus dans l’État du Minas Gerais : la rupture d’un barrage de rejets miniers, le 5 novembre 2015, dans la commune de Mariana et celle d’un autre barrage, sur le rio Ferro-Carvão à Brumadinho, le 25 janvier 2019. Catastrophes qui se sont soldées par de nombreux morts et disparus et des dégâts environnementaux considérables.

    Moins connus sont les rapports conflictuels que Vale a depuis plusieurs années avec le peuple Xikrin* de la Terre Indigène Xikrin do Cateté dans l’État du Pará. En cause, les rejets de sites miniers qui polluent de métaux lourds les rios Cateté et Itacaiúnas, essentiels à l’existence des villages indigènes. Le 10 novembre dernier, le Ministère Public Fédéral est intervenu pour faire cesser la pollution.

    Le rapport publié par l’APIB et Amazon Watch fait dix-huit recommandations adressées aux entreprises qui agissent au Brésil, aux importateurs de produits brésiliens, aux législateurs et gouvernements du monde entier et aux institutions financières. Par exemple, à ces dernières, elles demandent d’« Exclure de leur portefeuille les entreprises qui violent systématiquement les droits humains, sociaux et environnementaux et celles qui refusent de mettre en œuvre des politiques de « zéro déforestation » et de respect des droits des indigènes. » 

    Il s’agit pour tous ces acteurs de prendre des mesures susceptibles de respecter les droits des peuples indigènes de l’Amazonie brésilienne et par là conserver un biome indispensable à l’humanité toute entière. L’appel des peuples indigènes seront-ils entendus à Zurich ?

                                                                               ***

    *Prononcer « Chikrine ». L’hebdomadaire « Écho magazine » a consacré sept pages à ce peuple dans sa récente édition du 12 novembre dernier (No 46).

    Illustration : Page de couverture du rapport. Cliquer sur la vignette pour en agrandir la taille.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 135, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2